Florès, la fleur d'Indonésie

 

A 1h30 de Bali par un avion à hélice et voilà Florès, une île à l'Est de l'île des Dieux (Bali). Difficile de lâcher les yeux de ce paysage qui défile sous la carlingue. Au passage je reconnais Lombok, je devine Sumbawa. L'arrivé sur Florès est étourdissante de baies, pointes, découpes profondes, îles et îlots entourés de lagons turquoise, sommets couverts de végétation. Atterrissage quelque peu impressionnant sur la piste légèrement asphaltée du petit aéroport de Labuanbajo.

 

 

10 min de bémo (local mini bus), voilà la « ville », plutôt le port. Après la Thaïlande et la Malaisie, on se croirait en Afrique. Petites maisons en planches colorées, celles des pêcheurs en bord de mer sont montées sur pilotis. Partout des jardins où les fleurs et les buissons se mêlent à la poussière de la rue. La pluie soudaine lave tout, la chaussée se transforme en ruisselets boueux, les trous des trottoirs se remplissent d'eau que matahari (le soleil) vient sécher et tout recommence.

Les gens sont gentils, ils adorent être pris en photo. On ne s'est pas privé sur le port bondé. Le passage d'un ferry amène une foule sur le quai. Le jeunes gens se louent pour descendre les paquets, valises et autres objets lourds et encombrants. Les carrioles se remplissent, les bémos attendent les passagers. La nuit venue le calme tombe sur la petite ville. On se couche tôt, on se lève tôt. Le jour et la nuit règlent la vie. Il n'y a que les coqs qui s'obstinent à perturber le sommeil.

Nous avons loué une petite moto pour visiter les environs. Nous avons dû slalomer entre les nids de varans (l'expression "nid de poule" ne convient pas tellement les trous sont grands et profonds !)  pour atteindre une grotte et puis nous avons roulé au hasard, un peu en bord de mer, un peu sur une route de montagne jusqu'à ce que la pluie nous fasse rebrousser chemin.

 

 

 

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  Nous avons loué un bateau pour deux jours. Une jeune fille russe partage notre vieux rafiot. Ils sont tous comme ça les bateaux pour les îles. La nuit nous avons dormi sur le pont. Les vagues bercaient notre sommeil, la pluie rythmait la cadence et parvenait à se frayer un chemin à travers la bâche. Ciel gris, soleil, averses, vent léger, chaleur, mer calme à agitée déployant de merveilleuses couleurs dignes de la Mer d'Emeraude à Diégo Suarez. 

 

 

 

Il fallait bien ça pour mériter Rinca, l'île aux lézards, les fameux varans encore appelés dragons de Komodo. Deux heures de trek accompagné d'un guide du parc nous amènent au plus près de ces gros reptiles. Il y a même un petit fraîchement descendu de son arbre qui, à notre approche, a tôt fait de grimper dans son nid.

Outre les dragons, on a pu voir des serpents, des cacatoès blancs en voie de disparition, buffles, singes, papillons, une sorte de gros poulet, des traces labourées de sangliers, des gros nids de tétrapodes, à même le sol : plusieurs trous dont un seul servira à la ponte. Technique pour tromper l'ennemi, entre autres le varan. La végétation luxuriante voire impénétrable fait place à de larges clairières. On se croirait dans nos montagnes si palmiers et ficus étrangleurs n'étaient là pour nous ramener à la réalité

 

 

 

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Il est encore tôt quand l'équipage amarre le bateau à une bouée en pleine mer. Dès la nuit tombée, le capitaine est en cuisine, le moteur diffuse la lumière, des éclairs traversent le ciel, de temps en temps le tonnerre gronde. On se sent seules, mais tout autour de nous dansent les lumières d'autres bateaux. C'est que les dragons de Komodo affichent un franc succès.

Après une nuit humide mais pas froide, nous levons l'ancre au petit jour, direction Komodo, l'autre île aux dragons. Les poissons volants jettent un oeil par-dessus les vagues et les dauphins viennent faire une démonstration de sauts.

 

Le retour à Lubuanbadjo fut assez délicat pour ne pas dire périlleux. La houle, la pluie, le vent, des marins pas très expérimetés, rien de bon pour notre embarcation.

 

 

Le lendemain, j'ai abandonné mon amie à sa plongée et suis repartie, un peu plus vers l'Est, à Ruteng pour découvrir les rizières en toile d'araignée. La pluie a bien failli compromettre cette visite. C'est incroyable comme il pleut. Des trombes d'eau. Heureusement de courte durée, mais de fréquence trop rapprochée pour s'aventurer loin.

 

 

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Après Ruteng, c'est Bajawa qui a ma préférence. Toujours vers l'est. Perdus dans les montagnes, au pied des volcans, subsiste une culture traditionnelle. D'étonnants villages bâtis selon des règles bien précises où maisons d'habitations entourent monuments funéraires, tombes, mégalithes. Les gens vivent comme autrefois. Les femmes filent, teignent, puis tissent des tissus bleu avec dessins blancs. Ils deviendront sarong pour hommes, femmes et enfants.

 


 

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Animisme et christianisme font bon ménage. Chance inouïe, j'ai pu assister à une des cérémonies. Pour l'occasion, la population a sorti sa tenue des jours de fête : sarong en itak noir ou indigo et motifs blancs ou bleutés apè lavage. Même les enfants. Après une longue messe accompagnée de chants et danses, après la cérémonie de l'igname et les discours des uns et des autres, nous avons reçu un succulent repas. Riz, viande de boeuf en sauce et piment, servis dans de petits paniers tressés. J'ai goûté au vin de palme. Une gorgée seulement. A la dernière bouchée, le bétel circulait, les lèvres et les dents rougissaient. Je n'ai pas testé.

 

 

 

 

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J'ai aussi été invitée chez un professeur pour prendre un repas avec plein de gens du village. Chaque maison était transformée en restaurant. Repas offert pour tous.C'est la tradition;  Les danses et les chants ont repris. Tout le monde pouvait participer. Et devinez qui ne s'est pas privé..... Le pas est très facile, je vous apprendrai. J'ai passé une journée extraordinaire. Je ne suis pas prête d'oublier cette cérémonie traditionnelle, dans un village traditionnel de Langa.

 

Si toutes les religions du monde pouvaient se donner la main.

 

 

 

 

Hier main j'ai pis un avion pour le Timor. Le ferry aurait été trop dangereux, la mer est mauvaise dans cette partie du monde en saison des pluies.

Me voilà donc dans un autre île. Ruteng au Timor indonésien. Il pleut toujours et encore. Les rues sont inondées, les ruisseressemblent à des torrents boueux. J'ai traversé toute la ville tantôt en marchant tantôt en m'abritant sous des terrasses ou des bâches. J'ai vite pris les habitudes des gens d'ici. Hélas, je n'ai plus d'habits secs et propres. Croyez-vous que je vais acheter ces infâmes Tshirt avec des dessins pétant de couleurs, placardés sur le devant et dans le dos ?

Je suis dans un B&B, genre auberge de jeunesse. Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu de chambre propre, grande et peu chère (5 euros). La salle de bain est partagée, le matelas est bien mince. Où sont passés les matelas ultra épais  de Thaïlande, de Malaisie et de Bali ? Une chance, deux lits pour moi ; j'empile les deux matelas !

 

Nous sommes nombreux à cette adresse, c'est sympa : allemands, Hollandais, roumains.... Tous pour aller au Timor Leste renouveler le visa indonésien ou pour leurs études.

 

 

Mireille Jeanjean le 25 janvier 2011