Vers la Terre de Feu

Après ces courtes virées dans le nord et quelques jours encore à Bs As, me voilà repartie, dans le sud cette fois avec mon amie Josette, ma compagne de voyage. Des heures d'autobus, des kilomètres de route. Voyage de nuit pour ne rien perdre du jour, pour économiser aussi des nuits d'hôtel.
A Puerto Madryn nous avons vu les lions de mer.
A Bahia Bustamante, une estancia au milieu de nulle part, nous avons dormi. Le vent battait la lande, les vagues bruissaient sur les galets, les algues, autrefois récoltées, se répandaient sur la plage, les nandous galopaient parmi les moutons et les oiseaux de mer menaient grand tapage isolément, en couple, ou en vols groupés.
A Comodoro Rivadavia nous avons attendu une correspondance tout près des puits de pétrole et au pied des éoliennes. On dit que la ville est la capitale du vent.
A Rio Gallego nous avons attendu trois jours avant de pouvoir filer vers Ushuaïa. Ici aussi le vent cherchait à décorner les boeufs.


Le 27 janvier, enfin, nous voilà sur la route de cette Terre de Feu tant attendue.
La route traverse des paysages désertiques. Touffes d'herbe rousses, terre, quelques rares buissons. Une barrière, ligne ininterrompue de piquets de bois et fil de fer, garde les moutons.
Les flamants roses paressent, comme à leur habitude, debout sur une patte, dans les nombreuses lagunes.
Les guanacos guettent de loin ces monstres bruyants qui roulent sur le cordon bitumé.
Les nandous détalent à toutes pattes.


Argentine / Chili, Chili / Argentine, attentes dans le vent au passage des frontières.
Enfin, le détroit de Magellan est là, place mythique. On embarque sur le ferry, les dauphins de Commerson nous font fête, sympathiques petits cétacés noirs et blancs.

On devra encore patienter de longues heures avant de plonger sur Ushuaïa
En Terre de Feu, le paysage change, se vallonne, se boise. La route grimpe, des lacs s'étalent, la cordillère de Darwin dévoile ses pics enneigés et après un col c'est la descente sur la ville la plus au sud de la planète. La nuit vient de tomber, il est 23h. Quelques nuages encore rosés dansent sur les eaux calmes du canal Beagle. Sur l'autre rive, l'île Navarino, la chilienne, est noyée dans la nuit.

Publicité