Bolivia, le lac Titicaca

Publié le par nomade

Moment de nostalgie. J'ai choisi cette musique péruvienne, parce que le Pérou et la Bolivie se partagent ce magnifique lac.


 


Le lac Titicaca, quel lac ! Immense, émaillé de nombreuses îles, des contours très découpés. De temps en temps il se prend pour un lagon tropical, oh juste côté couleur, car ses 14 °C n'engagent pas à la baignade.

 

 



bus-bacSi grand ce lac que pour aller de La Paz à Copacabana, on traverse sur l'eau pour couper au plus court. Le bus sur un bac de fortune, les passagers sur un bateau.





 

 

 

 

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J'ai passé trois jours au bord de ce lac, sous influence inca. A Copacabana où j'étais basée, j'ai pu voir l'observatoire astronomique des Incas.

 

 



vers-horloge



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Un gamin m'a tout expliqué : équinoxe, solstice… Quant à moi je lui ai expliqué le mouvement de la terre et les saisons inversées. Il était intelligent et a tout compris. Quand un mot espagnol me manquait, il me le donnait. Ainsi l'hiver c'est "ivierno" et l'été c'est "verano".





 




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Tout est Incas ici. Ces pierres taillées en forme de siège, sur la colline, face à la ville, c'est le tribunal. Rendre la justice en plein doit être le rêve de bon nombre de nos magistrats.





 

 




peche



Le chemin qui mène tout au bout de la péninsule offre des vues superbes. Chaque virage, chaque sommet de la piste est une surprise.  C'est si beau que j'en oublie la distance et le temps qui passe. Quand la faim commence à se faire sentir, il est trop tard pour rebrousser chemin. 15 km depuis ce matin, pas une miette à me mettre sous la dent.





 

 

 

Les villages ne sont pas des villages, seulement des alignements de maisons de pêcheurs, de cultivateurs ou d'éleveurs de lamas. Heureusement j'ai croisé un visage pâle. Pas un touriste. Un biologiste qui étudie les grenouilles géantes du lac. Il ne m'a pas offert une asado de batraciens, mais j'ai pu manger une bonne soupe aux légumes du jardin de la famille qui le loge.


 

 


champcultures














 



quinoa


 

 

 

Le ventre plein, je pousse jusqu'au petit port.

Un port pour aller où ?

A l'Isla del Sol bien sûr! Elle est là, en face, on devine le relief, la végétation rase. Mais trop loin pour apercevoir les descendants des Incas : les communautés Challa et Yumani.
J'aurais pu partir d'ici, si j'avais prévu. Une de ces barques de pêche qui dorment déjà auraient pu faire l'affaire en échange de quelques bolivianos.





 

 

Isla del Sol

 



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Au petit matin, j'embarque pour l'île. 3 heures de navigation depuis Copacabana pour atteindre le port du nord. Fait frisquet à 8h30. Les "Copacabanais" n'ont pas encore ouvert leurs échoppes de souvenirs et de provisions. L'eau, le pain dort encore derrière les rideaux de fer. Miracle tout près de la plage, un petit étal, du pain chaud, de l'eau fraîche. Voilà qui me permettra de grignoter en attendant le soir. Le seul distributeur de la ville n'accepte que les cartes nationales. Je dois donc calculer au plus juste.

 

 


 


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Mais je ne vais pa s me lamenter, il y a tant de choses à visiter : pierre sacrée découverte dans un jardin, ruines d'un temple dont les pièces à ciel ouvert servent de carrés à cultiver maïs, quinoa et autres plantes. La table des sacrifices est toujours là, dominant le lac et l'ancien village. Vrai labyrinthe ce village de Chinkana : passages étroits, pièces cul-de-sac, escaliers s'étagent sur le flanc de la colline.




 

 

 



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Le soleil est au zénith. Le long chemin pavé que les Incas en d'autres temps ont construit, sur le fil des crêtes parmi les pierres blanches, roses, brunes et une végétation rachitique m'attend pour rejoindre le sud de l'île. Les deux petits pains ronds sont vite engloutis, l'eau a perdu de sa fraîcheur, le souffle s'accélère, je ralentis le pas. 4000 mètres, l'oxygène manque.










 

 



Le soleil est encore haut quand je parviens aux premières maisons du village qui cascadent de la crête en direction du port du sud. Beaucoup de lieux d'hébergements, les tarifs sont dérisoires. L'hostel Templo del Sol m'offre une petite chambre dans laquelle se déverse le soleil. Je pose mon sac et repars aussi vite vers le temple du soleil. 30 min annonce un enfant, une heure précise un villageois. Pas de temps à perdre, dans une heure, le soleil tombera dans le lac et le temple sera enveloppé d'une de ces nuits noires comme on en trouve dans ces coins isolés de la planète où la fée électricité ne vient que très rarement.

 





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Ce soir-là j'ai mangé une soupe au quinoa dont j'aurais bien aimé connaître le secret. La truite du lac aux petits légumes et riz hante encore mon palais.


Le froid règne dans cette maison ouverte aux quatre vents. Pas de chauffage mais la douche est chaude et le lit équipé de trois bonnes grosses couvertures de laine. Quelle belle nuit ! Les étoiles filtraient à travers la dentelle du rideau, on aurait pu les entendre scintiller dans le plus pur silence.


 

 


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Le lendemain matin, le long de l'escalier qui descend au port, je passe devant la fontaine de l'Inca. L'eau qui sort de la montagne cascade le long des marches. Une eau pure, fraîche et cristalline.















 

 

Je ne suis pas prête d'oublier ces trois jours passés dans un autre temps.

 

 


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Publié dans Amerique du sud

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A
<br /> Tu me dis de ne pas trop rêver mais comment faire devant ces magnifiques photos des endroits où je ne suis jamais allée et que faute de moyens, je ne verrai jamais en vrai ?<br /> <br /> <br />
Répondre
N
<br /> <br /> Merci Aimela pour tes différents commmentaires. Quant aux moyens, si je te disais que j'essaie de dépenser 15 euros par jours maxi... que je pars dans des pays où la vie n'est pas chère, que je<br /> pars l'hiver et ainsi j'évite les pulls, bottes, manteaux... et le chauffage. Bien sûr il faut oser partir seule avec un sac à dos, en routarde quoi.<br /> <br /> <br /> <br />