Cérémonies, offrandes

Publié le par nomade

Offrandes




Ne vous y trompez pas, cette coupe de fruits posée sur un Ikat (technique de tissage particulière à Bali) n'est pas un plateau de desserts. Elle contient des offrandes.



Les offrandes, on les trouve partout. Certaines sont de véritables bijoux. Chefs-d'œuvre éphémères.



Les cérémonies se pratiquent dans la rue, au bord des routes, aux abords des champs cultivés. Partout. A tout bout de champ (c'est le cas de le dire).









Difficile de marcher sans risquer de poser le pied sur un de ces petits paniers confectionnés en feuilles de palmier, de bambou ou de bananier. Lors d'une cérémonie importante (mariage, funérailles, inauguration…), les offrandes peuvent être gigantesques.



Sur le marché de Padangbai, de nombreuses femmes élaborent et vendent les offrandes, d'autres proposent les matériaux nécessaires. Assises à même le sol de part et d'autre de la rue, entre un étal de poissons fraîchement pêchés et un plateau de piments rouges.







Cérémonie des outils




Un autel particulier dans le jardin de la maison où je loge. Ce 17 janvier en fin d'après-midi a lieu la cérémonie des outils. Une sorte de bénédiction. Tout un rite avec offrandes, eau sacrée, grains de riz, fleurs de frangipanier, bâtons d'encens, gestes ésotériques autour des quelques outils usuels : couteau à découper, perceuse, ponceuse…




La crémation


Au hasard de mes pérégrinations, alors que je me trouve à Lipah, sur la côte est de l'île, ma logeuse m'engage à assister à une crémation. Surprise et réticente devant cette invitation, j'apprends que toute personne, même étrangère est la bienvenue à cette cérémonie. En effet, la mort chez les hindouistes de Bali ne porte pas le caractère tragique que l'on connaît en occident.



L'incinération a lieu sur la plage de Bunutan, à 2 ou 3 km de là. Tout le village est présent. Hommes, femmes, enfants. Les musiciens, veste orange sur sarong et bandeau de tissu (udeng) sur la tête ponctuent la cérémonie de morceaux spécifiques sur de magnifiques instruments.







De grands gobelets emplis de vin de palme circulent, tandis que les hommes chargés de brûler le corps s'affairent autour du foyer. Des foyers devrais-je dire car près du sarcophage, les effets personnels du mort se consument aussi.



C'était un homme de soixante ans.

Quand il ne reste que quelques débris, la veuve ramasse les bouts d'os. A l'écart, sur un carré de tissu blanc, elle les dispose en forme de corps humain. Cornets de fleurs, anciennes pièces de monnaie, billets de banques, pétales… viennent recouvrir les restes calcinés. Le tissu noué en forme de baluchon est aspergé d'eau sacrée.



Suivent les offrandes. Chaque panier est présenté à la veuve. Une série de gestes, repris par l'assistance, accompagne les dons.



Vient alors l'ultime phase de la cérémonie. La veuve accompagnée de ses proches entre dans l'océan. La mer est déchaînée. La marée haute, à cette heure, la bouscule. D'un geste ample, elle abandonne au courant offrandes et restes humains.






Alors qu'un cordon coloré s'éloigne sur la plage, les pétales des fleurs se dispersent sur l'eau.

L'âme du défunt, libérée de son enveloppe charnelle, peut voguer à son gré et espérer une réincarnation.

Publié dans Asie du Sud-Est

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C
je découvre grâce à toi cet art des offrandes , c'est magnifique ! quant au rapport avec la mort je crois que cette vision là, cet accompagnement là est sans doute plus serein , moins traumatisant , plus courageux , plus spirituel et porteur de vie et d 'espoir qui continuent que notre acharnement à gommer , à cacher la mort et à la douleur multipliée qui en découle et pour certains l'incapacité à dépasser et à faire son deuil !

bises
chrystelyne
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